Une technique de pointe pour traiter certaines fibrillations atriales
La fibrillation atriale est l’arythmie trouble du rythme cardiaque) pathologique la plus fréquente chez le cheval. Elle correspond à une activité électrique désorganisée au niveau des oreillettes du cœur (atriums), qui perturbe le rythme cardiaque normal.
Chez certains chevaux, elle peut passer inaperçue au repos, mais se manifester à l’effort par une baisse de performance, un essoufflement inhabituel, une fatigue anormale, voire, dans certains cas, des saignements pulmonaires à l’exercice.
Lorsqu’une fibrillation atriale est diagnostiquée, un bilan complet est nécessaire afin d’évaluer l’état du cœur, de rechercher une éventuelle pathologie cardiaque sous-jacente et de déterminer si un traitement est indiqué. Ce bilan repose sur une échocardiographie, un électrocardiogramme au repos, parfois complété par un ECG (électrocardiogramme) à l’effort, ainsi qu’un examen pré-anesthésique et des analyses sanguines.
Pourquoi proposer une cardioversion électrique ?
L’objectif de la cardioversion est de permettre au cœur de retrouver un rythme normal, appelé rythme sinusal.
Deux approches peuvent être envisagées dans le traitement de la fibrillation atriale chez le cheval : la cardioversion médicamenteuse, notamment à la quinidine, et la cardioversion électrique transveineuse. La quinidine peut être efficace, mais elle est aujourd’hui moins utilisée en raison de possibles effets secondaires importants chez le cheval.
La cardioversion électrique transveineuse constitue aujourd’hui une alternative plus sécurisée et ciblée.
Elle consiste à délivrer des impulsions électriques contrôlées directement au niveau du cœur, par l’intermédiaire de cathéters intracardiaques. Cette technique permet de traiter l’arythmie de manière ciblée, dans un environnement hospitalier sécurisé, avec une surveillance anesthésique et cardiologique continue.
Une procédure réalisée en plusieurs étapes
Avant l’intervention, le cheval est hospitalisé afin de préparer la procédure et de réaliser les examens nécessaires. La région de la veine jugulaire droite est tondue pour permettre la mise en place des cathéters, ainsi que la zone de projection cardiaque afin de faciliter le guidage échographique.
Le jour de l’intervention, les cathéters sont introduits par la veine jugulaire droite, dans des conditions stériles. Cette étape est réalisée sur le cheval debout, sous sédation.
Leur progression est suivie par échographie afin de les positionner précisément dans le cœur : l’un au niveau de l’oreillette droite, l’autre dans la branche gauche de l’artère pulmonaire. Une radiographie thoracique permet ensuite de vérifier leur bon positionnement.
Cette étape requiert une coordination étroite entre les vétérinaires impliqués dans la procédure, notamment pour le guidage échographique, le positionnement des cathéters et la surveillance anesthésique.
Une intervention sous anesthésie générale
Une fois les cathéters correctement positionnés et fixés, le cheval est conduit au bloc opératoire. L’intervention se poursuit sous anesthésie générale, avec un monitoring continu de l’ECG afin de suivre l’activité électrique du cœur en temps réel.
Le défibrillateur est connecté aux cathéters intracardiaques. Les impulsions électriques sont ensuite délivrées de manière contrôlée et synchronisée avec l’activité cardiaque, jusqu’au retour à un rythme sinusal. Plusieurs impulsions, à des intensités différentes, peuvent parfois être nécessaires pour normaliser le rythme cardiaque. Après la cardioversion, le rythme est surveillé pendant plusieurs minutes afin de vérifier l’absence de récidive immédiate de la fibrillation atriale.
Le cheval est ensuite transféré en box de réveil, où il récupère comme après une anesthésie générale classique.
Après l’intervention : surveillance et reprise progressive
Après la cardioversion, une surveillance rapprochée est maintenue afin de contrôler le rythme cardiaque et d’adapter le traitement si nécessaire. Un traitement antiarythmique oral peut être prescrit pour limiter le risque de récidive dans les jours ou semaines qui suivent l’intervention.
La durée d’hospitalisation varie selon le déroulement de la procédure et l’évolution du cheval, généralement entre 4 et 7 jours. Le retour à la maison s’accompagne ensuite d’une période de convalescence, souvent de 6 à 8 semaines, avant une reprise progressive du travail.
Des examens de contrôle sont nécessaires avant la remise à l’exercice, avec au minimum un ECG au repos, parfois complété par un ECG à l’effort et/ou une échocardiographie.

Une prise en charge spécialisée et sécurisée
La cardioversion électrique transveineuse est une technique spécialisée qui nécessite un plateau technique adapté, une équipe entraînée et une surveillance rigoureuse à chaque étape : diagnostic, anesthésie, imagerie, cardiologie, soins post-intervention et suivi de convalescence.
À La Clinique du Cheval, cette approche permet de proposer une prise en charge complète des chevaux atteints de fibrillation atriale, en associant expertise médicale, équipements dédiés et suivi individualisé.


